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Cycle de conférences 2020/2021 « Extrémismes, radicalisations, vocations violentes… »


Cycle de conférences 2020 / 2021

organisé par le groupe Recherche DIRE, intitulé :

 

" Extrémismes, radicalisations, vocations violentes..." :

nouvelles problématiques pour le travail social ?

 

 

Les membres du groupe recherche de l’Institut Saint-Simon proposent en 2020 et 2021 une seconde séquence du cycle de conférences organisées sur la thématique des pratiques professionnelles en travail social concernées par l’accompagnement des personnes prises dans des parcours de vie marqués par la rencontre des logiques extrémistes et de radicalisation.

Si, à l’occasion d’un premier cycle, nous avions pu travailler à une prise en compte du fait religieux dans les pratiques professionnelles en travail social, à la nature de l’injonction radicale, comme à la complexité du rapport à la Loi et au pacte d’humanisation qui règlent le vivre ensemble, il nous faut maintenant approfondir notre réflexion et l’ouvrir à des expériences et recherches susceptibles de nous apporter un nouvel éclairage.

C’est ce à quoi vous invitent ces quatre temps de rencontres, à l’occasion desquels chercheurs et professionnels en travail social de divers horizons viendront partager et mettre au débat avec nous leurs expériences. Chacun le sait, les réalités en question font effraction dans le lien social aujourd’hui, brouillant nos grilles de lecture habituelles des phénomènes de violence, nous poussant à devoir réinterroger bien des dimensions des pratiques d’accompagnement éducatif et social : instauration de la relation, place de la confiance dans le lien à la personne, prise en compte des dynamiques familiales, des évolutions dans les processus de socialisation, etc.

Elles jettent une lumière crue sur les dimensions de responsabilités individuelles et collectives, situant souvent dans un rapport de frontalité très problématique les voies d’interventions envisagées. Dans un même temps, elles nous confrontent aux effets les plus négatifs des modalités de lien social contemporaines : rejet des différences, intolérances à l’autre, volontés ségrégatives, ambiance de défiance, et l’on voit que les espaces de socialisation primaire tels que ceux de la famille et de l’école ne sont pas épargnés. 

Pourtant, les intervenants avec qui nous avons travaillés l’ont tous, à leur manière, soutenu : la violence qui caractérise ces processus de radicalisation est d’abord celle qui, d’avoir frappé des personnes au sein de notre communauté, trouve dans ces logiques extrémistes un puissant et paradoxal écho.

Les différentes formes de leur précarité sociale, leurs parcours chaotiques, leurs épisodes d’errance, leurs angoisses et leurs souffrances psychiques, et pour certains l’impossibilité à s’inscrire dans notre vivre ensemble, le travail social les connait bien. Ce sont ces réalités, toujours prégnantes et complexes, qui forment le fond des problématiques qui lui revient d’accueillir et de traiter.

Nous poursuivrons donc notre réflexion, celle qui, de se risquer à repenser les modalités d’action du travail social, doit nous aider à réinventer les occasions et expériences de rencontres avec ces publics dans toute leur diversité. Il s’agira alors de mieux savoir tracer une limite entre l’exploitation de la peur que réveillent ses réalités, peur qui tend à contaminer l’ensemble de notre lien social, et la complexité voire la gravité des situations des personnes qu’il nous revient d’accompagner. Ce faisant, il s’agit aussi de garder ce lien au sens de l’intervention en travail social, lequel nécessite comme dans une urgence, de se ressaisir de toute sa dimension politique.

 

Contacts :

 

Les conférences prévues : 

 

  • Le jeudi 5 mars 2020  - Conférence N°1   « L’irruption des faits religieux dans le champ de l’intervention sociale : quels enjeux pour les professionnels ? » 

Horaire : de 14h à 17h

Lieu : Amphithéâtre de l’Institut Saint-Simon, Pôle Formation & Recherche Arseaa, Toulouse

 

Conférence de Madame Faïza GUELAMINE

Assistante de service social, docteure en sociologie. Responsable de formation à l’Andesi – Association nationale des cadres du social. Membre associée de l’unité de recherche Migrations et société - URMIS, CNRS-Paris 7 – Paris 8 – Nice – Sophia-Antipolis. 

Auteur de nombreux articles et ouvrages sur la question, Faïza GUELAMINE s’intéresse à la façon dont les faits religieux interrogent les postures et les pratiques professionnelles des intervenants sociaux. En s’appuyant sur plusieurs centaines de témoignages recueillis entre 2006 et 2019, elle présente un état des lieux relatif à un ensemble de « situations-problèmes » auxquelles sont confrontés les travailleurs sociaux exposés aux faits religieux dans l’exercice de leurs missions.

A ce sujet, elle évoque l’évolution et la variété des positions dans le contexte « post-attentats » telle qu’elle a pu les observer dans le champ du travail social. En écho aux débats menés ces dernières années dans la sphère « politico-médiatique », elle interroge la place du rapport au religieux et son lien avec les conceptions de la laïcité en France déclinées dans le champ du travail social. Cette première conférence doit nous donner l’occasion de revenir sur les questions fondamentales auxquelles se confrontent les professionnels dans leur rencontre avec les faits religieux. Si leur nouveauté n’est pas complète, elle forme aujourd’hui des problématiques complexes, souvent déroutantes, qu’il s’agit de savoir interroger, analyser, dénouer. La prise en compte de leurs dimensions tout à la fois individuelles et collectives exige une lecture et une approche pratique respectueuse des personnes et de notre vivre ensemble. 

 

 

  • Annulation du 20 mai 2020 et reprogrammation au dernier trimestre 2020 - Conférence N°2  « Regards sur la Mission de Lutte contre la Radicalisation Violente : Être éducateur spécialisé dans l’administration pénitentiaire »

Horaire : de 9h à 12h

Lieu : Amphithéâtre de l’Institut Saint-Simon, Pôle Formation & Recherche - Arseaa, Toulouse

 

Conférence avec  Monsieur BRUEL, coordinateur Mission de Lutte contre la Radicalisation Violente (MLRV) Direction Interrégionale des Services Pénitenciers (DISP) de Toulouse, 

 Monsieur DUBOIS, éducateur spécialisé binôme de coordination DISP Toulouse,

 Monsieur AMBROSINI, éducateur spécialisé binôme de soutien du Gard/Lozère.

 

Les évènements de janvier 2015 ont précipité la France dans l’urgence d’amener des réponses diversifiées aux situations de radicalisation, sources d’une menace terroriste toujours plus cruellement réelle. Le ministère de la Justice met alors en œuvre plusieurs actions regroupées dans un Plan de Lutte Antiterroriste d’une ampleur inédite avec notamment la création en septembre 2015 des « binômes de soutien », formés d’un éducateur spécialisé et d’un psychologue chargés d’une Mission de Lutte contre la Radicalisation Violente (MLRV).

Les « binômes de soutien » sont placés auprès des directions interrégionales des services pénitentiaires (DISP) ou des services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP) pour renforcer les services déconcentrés de l’administration pénitentiaire. La mission première de ces binômes est de participer à la détection et à l’évaluation des personnes radicalisées ou en voie de radicalisation, en apportant un regard complémentaire sur chaque situation individuelle, en milieu fermé comme en milieu ouvert. Au titre d’un appui méthodologique aux professionnels pénitentiaires, notamment ceux du SPIP, ils doivent étayer les prises en charge de ces mêmes publics avec des modes d’intervention adaptés, de manière pluridisciplinaire en lien avec l’ensemble des acteurs pénitentiaires et des partenaires impliqués. La conception binomiale renvoie à une mission commune et apporte un regard croisé et complémentaire. Elle doit pour autant permettre l’expression des compétences et méthodes d’intervention propre à chacun des métiers, psychologue et éducateur. Dans l’exercice de leurs missions communes, chacun des membres du binôme fait valoir l’apport de sa compétence métier et adapte ces méthodes d’intervention au fonctionnement de l’institution pénitentiaire.

Cette conférence doit nous permettre :

  • De comprendre les évolutions du dispositif depuis sa création.
  • De mieux saisir les enjeux institutionnels, d’évaluation, de prise en charge et leurs effets sur la pratique de l’éducateur spécialisé dans un nouvel espace professionnel.
  • De questionner le travail en binôme qui est primordial par la singularité de cette pratique (qui ne va pas nécessairement de soi) et rend encore plus complexe l’intervention du binôme de soutien.
  • D’entrevoir les réponses apportées par les professionnels en place depuis 2015.

 

 

  • Fin  2020 - Conférence N°3 « Jeunesse et radicalisation »

Horaire : non communiqué à ce jour

Lieu : Amphithéâtre de l’Institut Saint-Simon, Pôle Formation & Recherche - Arseaa, Toulouse

 

Conférence de Monsieur David BERNARD,

Enseignant chercheur en psychopathologie à l’Université Rennes 2. Ses thèmes de recherche universitaire au cours de ces dernières années concernent l’adolescence, la place du langage dans le monde contemporain ainsi que la clinique des ségrégations.

 

Nous proposerons ici de commenter, à partir des apports de la psychopathologie et des éclairages de la psychanalyse, en quoi la recherche d’une cause fait toujours partie de ce que nous pourrions nommer le « mouvement de la jeunesse ». Voilà qui est important à rappeler, et à situer, tant les questions de radicalisation convoquent aujourd’hui de fantasmes, avec leur cortège de petites opinions pressées et stigmatisantes.

De là, il s’agira aussi d’étudier à quoi la radicalisation d’une cause peut prétendre répondre, et donc de l’interroger comme symptôme, sur un plan subjectif, autant que dans notre époque. Le malaise dans la civilisation, remarquait déjà Jacques Lacan, n’est pas sans produire un "malaise dans la jeunesse". Il se pourrait toutefois que ce dernier ne soit pas sans refléter le malaise des adultes eux-mêmes, et de l’accueil que ceux-ci réservent aujourd'hui aux plus jeunes, aux « nouveaux », disait Hanna Arendt.

 

David BERNARD publie régulièrement dans des revues internationales ou nationales avec comité de lecture répertoriées par le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES) :

  • BERNARD D. DUMOULIN Q. (2019), « Désirer, acheter, consommer », in Revue latino-américaine de psychopathologie, Sao Paulo, n°22
  • LEVY A., BERNARD D. (2017), "Lógica de submissão e comando: da experiência de S. Milgram ao poder do slogan", article accepté, à paraître dans la revue Psicologia Clinica, PUC, publication du Département de psychologie de l’Université Pontificale Catholique de Rio de Janeiro. Thème: langage, pouvoir et lien social contemporain
  • BERNARD D., MEDINA O. (2016), "La adolescencia con Freud y Flaubert", in Revista Colombiana de Psiquiatria, Vol. 45, n°4. Thème: sexuation et adolescence
  • BERNARD D., ALBERTI S., POLLO V. (2016), "Adolescence et savoir parental", in Adolescence, Tome 34, n°2, Eté 2016, p.347-357. Thème: adolescence, sexuation, et désir parental.

Il a publié l’ouvrage « Lacan et la honte », aux éditions nouvelles du champ lacanien, et dirigé l’ouvrage collectif « Lacan avec Wedekind. Une autre lecture de l’adolescence », aux éditions PUR. Il pratique la psychanalyse à Rennes.

 

  • Début 2021 - Conférence N°4 « De la radicalisation à la polarisation : réflexion sur la prévention des extrémismes »

Horaire : non communiqué à ce jour

Lieu : Amphithéâtre de l’Institut Saint-Simon, Pôle Formation & Recherche - Arseaa, Toulouse

 

Conférence de monsieur Bruno MICHON,

Sociologue, membre associé au laboratoire Dynamiques Européennes (Université de Strasbourg /CNRS) et chargé de recherche et de développement à l’Ecole Supérieure Européenne de l’Intervention sociale.

 

Le concept de radicalisation connait aujourd’hui un succès notable tant dans les médias que dans les politiques publiques. Les travailleurs sociaux sont aujourd’hui amenés à intégrer ce nouveau risque dans leur pratique. Parfois critiques, souvent démunis face à un phénomène pour lequel ils n’ont souvent pas ou peu été formés, de nombreuses interrogations émergent du secteur social et médico-social.

Dans cette intervention, nous proposerons une critique constructive d’une définition de la radicalisation entièrement tournée vers les radicalités liées à l’islam. Il s‘agira de décrire les effets pervers d’une telle définition à partir du concept de polarisation sociale. En effet, en focalisant l’attention sur un seul type de radicalité, nous produisons une polarisation de la société et nourrissons les extrêmes. Nous proposerons des idées pour sortir de cette polarisation en argumentant que le travail social est certainement le mieux armé pour cela.

 

Spécialiste des religions, de la laïcité et des radicalisations, Bruno MICHON intervient depuis plus de 10 ans pour l’Education nationale, pour des établissements du secteur social et médico-social ou des centres socioculturels, etc…. Il participe actuellement à plusieurs recherches dont le projet RIGORAL financé par l’Agence Nationale de Recherche « Religiosités intensives, rigorismes et radicalités ». Il porte en outre de nombreux projets transfrontaliers sur des questions telles que la politique de la ville ou la protection de l’enfance. Il a récemment publié « Que savent les adolescents des religions, une enquête sociologique en France et en Allemagne » aux Editions Petra.